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La bouffe : Mode d'emploi, de la production à notre estomac.

Aujourd'hui, je me plais à traiter un thème vraiment en phase avec la période si propice pour en débattre : La bouffe. Quoi de plus naturel, entre les 2 réveillons, pour vous mettre l'eau à la bouche, pour vous émoustiller les papilles, que de parler de la bonne chair en ayant d'abord une pensée pour les bouffeurs de Macdo qui croient ferme que tout l'art culinaire est concentré entre 2 rondelles de pain de mie.
La nature est si exceptionnelle, si abondante et riche en produits naturels de qualité, que l'homme a toujours pris un soin particulier pour en tirer la quintessence. Et bien aujourd'hui on bouleverse quelque peu ces valeurs. Cela, on ne le doit qu'à des gastronomes d'usine à l'éprouvette aigre-douce, des ingénieurs à la petite casserole qui ont décidé de mélanger la science aux épices par une alchimie fort goûteuse. Ainsi, des courgettes au brocciu, ils en tireront une combinaison chimique savante. Des restes d'un mouton bien cloné, additionnés de quelques pommes de terre et carottes génétiquement modifiées, par électro-aimant ils vous restitueront des navarins bien calibrés. Sans oublier que d'un Couvent d'Alziprattu au cépage mordoré, en bricolant ferments et enzymes de synthèse, c'est un grand cru qui vous sera servi...   Non Messieurs !   La cuisine est bien plus qu'une science et, à vouloir mettre votre grain de sel dans un art qui vous échappe, vous les scientifiques n'êtes, ma foi, que de tristes figurants...     Vous confondez Cuisine avec étron.
Certes, nous sommes les victimes consentantes, mais pas moins victimes d'un système comportemental qui contrarie nos manières de vivre du fait qu'il faut sans cesse gagner du temps sur le temps. Toujours aller plus vite, telle est la devise, ce qui a laissé dire aux entreprises de l'agro-alimentaire qu'il y avait un marché très juteux à exploiter pour répondre à ce besoin.
Par ailleurs, l'Union Européenne a instauré des normes drastiques d'hygiène et d'asepsie. Au demeurant, c'est une excellente initiative. Pour autant cela n'a pas empêché la Listéria d'infecter le Foie gras commercialisé dans les magasins Carrefour pour les Fêtes de Noël. Cela me semble grave et préoccupant. A la lumière de cette bévue et de toutes celles que je tairai, prendre un tel ensemble de mesures, sans discernement et surtout sans rigueur, [sic la preuve] applicables à toute la chaîne alimentaire jusqu'à la fabrication artisanale est imbécile. Non seulement ça va tuer l'artisanat et du coup la rareté du produit traditionnel de qualité, quoi que l'on en dise ! Mais encore, à vouloir mettre de l'asepsie partout [sauf là où il en faudrait précisément] on va fragiliser nos défenses et neutraliser le plaisir du goût. Depuis des lustres, nos ancêtres ont fabriqué du brocciu dans des conditions qui sont ce qu'elles sont, pour notre plus grand bonheur sans provoquer d'intoxication alimentaire majeure. Ce ne sont pas des technocrates à la botte des magnats de l'industrie agro-alimentaire, géniteurs de "la vache folle" de surcroît, qui vont nous imposer un brocciu aseptisé, shampouiné, conditionné et calibré à la fadeur de leur col blanc...
Les errements de la technocratie ne s'arrêtent pas là. Au mépris des règles et des lois fondamentales de la nature, l'homme a inventé "la culture hors-sol". Surprenant, n'est-ce pas ! Ceci expliquant cela, nous n'avons plus besoin de la terre pour cultiver nos tomates, en se moquant bien évidemment du cycle naturel des saisons. Quelle prouesse scientifique! On devrait se féliciter d'une telle performance d'autant que ce qui nous vient immédiatement à l'esprit c'est de pouvoir cultiver là où la nature s'y oppose. Force est de constater que ce n'est pas le cas puisque des populations entières meurent toujours de faim. C'est un tout autre problème, le pognon, OK !
Restons dans le problème traité. Dois-je évoquer les conséquences catastrophiques que peuvent avoir à terme de telles réalisations sur le devenir de l'Agriculture. Sans parler bien évidemment des produits à la consommation qui se retrouvent sur notre table. Devons-nous les ignorer ? Ne pas nous en soucier ? Certes, non ! D'un côté on cultive à outrance sans la terre, on traficote avec les protéines pour faire du costaud, du "sur mesure", puis de l'autre on nous bassine depuis maintenant quelques années avec la soi-disant culture biologique. A telle enseigne, il n'y aurait donc que des cultures frelatées, puis une certaine dite biologique qui, par définition, n'est autre que la culture naturelle, la vraie culture de tradition, la -culture- tout simplement. Et ce qui me dérange souverainement, c'est le grand tintamarre commercial orchestré par les messies de la grande distribution autour de cette redécouverte qu'il ne faudrait surtout pas interpréter comme étant une découverte... Qu'un juste retour à la normale en conformité avec le milieu naturel. Or, ces margoulins de la nutrition y parviennent sournoisement. Pour autant qu'ils nous vantent les qualités exceptionnelles du bio, cette forme de culture récurrente nous semble presque providentielle tellement qu'elle nous paraît nouvelle et merveilleuse... Et le comble de cette supercherie tient du plus grand des paradoxes, en voulant faire d'une culture naturelle et authentique la culture extraordinaire et rare... De surcroît, la culture bio, par essence, ne devrait présenter qu'un coût très faible à la production. Or, son prix à la consommation est des plus prohibitifs. La raison en est fort simple. Le marketing de masse a permis de bien éclairer les cartels boulimiques de l'agro-alimentaire et de la grande distribution. Ils ont très vite compris l'énorme avantage de favoriser 2 types de produit : L'un classé en bio, l'autre classé en pas bio pas bon... Ce qui les autorise à tirer les prix à la hausse pour tout ce qui est bio, pendant que les prix sont revus à la baisse [ce que l'on veut bien nous faire croire] pour des quantités pas moins négligeables. Les grands perdants dans l'histoire, ce sont les consommateurs et bien sûr tous les agriculteurs, qu'ils produisent aussi bien du bio que de la merde...
Pourquoi ? La culture biologique est soumise aux caprices et aux exigences de la nature pendant que les autres cultures les surmontent avec l'aide précieuse de la science... L'une est tributaire du temps et des lois naturelles, les autres ne le sont pas... Ce qui modifie considérablement les rapports de production, car la culture bio obtient, par la force des choses, des rendements moyens en regard aux cultures intensives qui permettent des productions pharaoniques, et ce, dans le même temps, sur des superficies analogues, si tant est qu'ils ne soient réduits... Ainsi ce que la culture bio perd en quantité, elle le gagne immanquablement en qualité, et inversement pour les autres cultures. C'est essentiellement en fonction de ces critères que le mètre linéaire de culture trouve son prix. Les margoulins des mastodontes et autres hypers du merchandising ont tout fait pour et, à n'en point douter, feront plus encore.
A tout bien considérer, il est quasiment impossible aujourd'hui de connaître l'origine certaine ainsi que la composition exacte des aliments que l'on mange...
Cette certitude est d'autant plus marquée dans l'assiette de ceux qui fréquentent les grandes surfaces à contrario des nantis qui vont chez FAUCHON ou chez HEDIARD.
Je conclurai en citant des gens qui oeuvrent pour notre bien être, les chercheurs de l'INRA de JOUY-EN-JOSSAS. Vous savez, ce fameux institut de recherche en agronomie spécialisé dans le Génie biomoléculaire. Il y a quelques années, d'aucuns ont déclaré qu'il n'y avait pas de raison de diaboliser les O.G.M. J'estime qu'ils ont fait preuve de trop de hâte pour se prononcer tant on manquait de recul sur la question. A ce jour, il n'y a pas d'avancée significative sur ladite question qui puisse véritablement nous rassurer. En revanche, ce que l'opinion publique ignore et, c'est encore moins rassurant, certains de l'INRA vouent également leurs connaissances au service de l'industrie agro-alimentaire, de suite on comprend mieux d'autant qu'ils ne le font pas gracieusement !!! Je rappellerai à ces personnes, qu'au-delà des marchés aux énormes profits dont personne est dupe, que ne pas être en mesure de démontrer, à ce jour, leur nocivité ne doit permettre aucunement de conclure à leur innocuité ; et d'ajouter que si les pesticides étaient présentés comme inoffensifs il y a quelques années, la plupart se sont révélés dangereux sur le long terme...
  

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