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A chacun sa vérité dans le grand foutoir médiatique...

Le monde étant ce qu'il est et ce qu'on en a fait, il serait présomptueux de se poser en rédempteur. Sachant bien que chacun se renvoie la responsabilité en tirant à hue et à dia pensant que la solution aux problèmes n'est pas de son fait, alors qu'elle ne peut être ailleurs.
L'homme fait ainsi son petit bout de chemin cahin- caha avec ses ambitions, ses idéaux et ses rêves. Les médias sont là pour alimenter ses fantasmes en tous genres, en lui assénant constamment des images et des modèles (pour ne pas dire mythes), qui vont perforer son imaginaire. Inconsciemment, l'homme se meut dans l'univers de cette symbolique médiatique en se fondant dans la société de consommation. Plus la société, via les médias, va lui fournir d'images aussi bien positives que négatives, mieux il va fonctionner, s'adapter et se conformer à sa condition d'animal humain. Hormis les plus faibles, les rétifs et les frondeurs... A tel point que les images d'horreur comme les images de bonheur, en se bousculant pêle-mêle dans son esprit, vont exacerber sa psyché pour l'aider à supporter le quotidien. Plus nombreuses seront les images, plus grandes seront ses envies et ses pulsions, ses joies et ses peines, ses doutes et ses certitudes. De surcroît, son amour-propre lui dicte d'être, dans la collectivité surfaite, l'orgueil de ses pairs. Et tous les clichés et les repères que lui donne la société le rendent très vulnérable. Sachant qu'il devra -être- ou -paraître- dans les 2 cas pour y parvenir, il devra batailler, s'accrocher... Sa pugnacité lui fait dire que les choses sont ainsi, intangibles, car ce qui vaut pour lui vaut pour tous les autres. Et si les problèmes qu'il rencontre, ses tracasseries et ses désillusions sont bien réelles, il ne peut tout de même échapper à son imaginaire que la société, par les images de vie qu'elle lui martèle, a charge de l'y replonger. En conséquence, tous les reflets de la société, bons ou mauvais, conditionnent son psychisme pour qu'il s'accepte et louvoie dans ce paysage où, chômage et gains de productivité, magouilles et intégrité, gabegies et restrictions, humanitarisme et totalitarisme, richesse et pauvreté vont de paire. On baigne dans la médiatisation, on patauge et on va même y croupir...
Cette médiatisation outrancière qui exerce une forme de fascination chez le genre humain démontre combien l'homme a besoin de plus en plus d'ingrédients de toute nature pour entretenir et agrémenter sa vie... La médiatisation est comparable à un miroir aux alouettes qui rappelle constamment à l'homme ce qu'il est, ce qu'il doit être ou ne pas être, ce qu'il doit faire ou ne pas faire... Tout du moins c'est ce qu'il est bon qu'il comprenne. En vérité, c'est la plus grande forme d'hypocrisie déguisée qui en fait un instrument de manipulation de l'homme par l'homme. Car si un miroir, par nature, renvoie une image, celle-ci peut être différente ou déformée selon son orientation. Et le véritable reflet de l'humanité n'est pas vraiment celui que l'on veut bien nous montrer, mais plutôt celui tel qu'il est nécessaire et impérieux qu'il soit. Juste ce qui faut d'images fortes empreintes d'une vérité instillée à doses bien régulées, de sorte que l'homme se façonne au moule de la société, afin qu'il rentre dans le système et qu'il s'y conforme. Même si l'homme n'est pas dupe de cette machination, il demeure pas moins la victime consentante de cette médiatisation tapageuse qui sème la confusion et asservit sa conscience. Il est prisonnier de la vérité qu'il recherche en vain... Devant une telle impuissance à connaître la vérité entière, il se moque presque de ne savoir ce qui distingue la part de raison de celle du tort, tant il serait inique de prétendre y parvenir.
Comme exemple, celui de Bernard Kouchner, comédie guignolesque évoquée précédemment dans "Pour le meilleur et pour l'Empire", débarquant sur une plage dans un pays en guerre, qui tend un sac de riz à des affamés devant les feux d'une kyrielle de journalistes... 
Beau geste, n'est-ce pas !
Autre exemple, un cas récurrent. L'épopée de quelques alpinistes égarés dans le froid glacial qui mettent en émoi la France entière pendant 1 semaine avant leur délivrance : Exploit ou supercherie ? Quand on sait qu'ils vendent à prix d'or les photos de leurs tribulations !...
Ils pouvaient mourir de froid !
Certes, mais combien de clodos meurent de froid sous leur igloo de carton confectionné sur le pavé parisien, sans qu'ils aient pu intéresser Paris-Match ?
Qu'est-ce qui est le plus écoeurant ?
"A chacun sa vérité. Autant de vérités que de sujets. Toutes les vérités se valent et valent ce que vaut leur sujet" (Pirandello)
                                


A dire vrai qu'il soit toujours préférable, tant s'en faut, d'avoir un trop plein d'informations, fussent-elles sujettes à caution, plutôt que pas d'information du tout. Cependant qu'il me soit permis d'oser dire qu'entre la privation de l'information, son boycott, et la libre information, sa médiatisation, l'espace de liberté n'est pas aussi considérable qu'il le paraît. En ce sens que la vérité recherchée se situe entre les 2. L'une se gardant bien de dire toute vérité, l'autre se targuant d'affirmer que des vérités. Si l'on a dénoncé hier la rétention de l'information qui servait ostensiblement à cacher la vérité, l'on peut aujourd'hui déplorer la profusion d'informations qui tend implicitement à la travestir ou à la contourner. Si ne pas informer constitue une atteinte à la liberté, à fortiori, la libre information n'autorise nullement toutes les libertés !... Ce que l'homme gagne à être libre ne doit pas lui faire perdre son sens du devoir moral et de la bonne conduite. Même si la liberté a un prix, elle ne doit pas ignorer ces règles et principes garants d'un code d'honneur, le véritable fondement de la vérité. La mauvaise foi l'en écarte car c'est la duplicité qui l'y entraîne. Et si l'homme se complaît, par la force des choses, dans cet espace de liberté, à se jouer habilement de la vérité, c'est pour mieux conjurer ses craintes vis-à-vis des réalités redoutables et implacables. Mais il n'est de pires craintes que celles qui doivent sans cesse rappeler à l'homme que la liberté se trouve dans la vérité ; sans vérité , il n'y a pas de justice ; sans justice, il ne peut y avoir de démocratie. Si la vérité reste l'apanage de quelques hommes, c'est dire que la justice manque à beaucoup d'autres, leur liberté réduite d'autant !...
Le Tribunal Ecclésiastique et la Justice du peuple établissaient, jadis, la vérité sur des dogmes et des préceptes mensongers ; que -Dieu- nous en préserve afin que les autorités en place rendent une justice plus sociale fondée sur la seule vérité humaine. Malheureusement, la parole de Dieu n'a trouvé, à ce jour, que très peu d'écho auprès des hommes. Et d'après la maxime de La Fontaine toujours plus criante de vérité :
"Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir"
Qu'il me soit pardonné auprès de certains journalistes (il y en a encore) d'avoir eu la mauvaise grâce à les tenir comme responsables et pour autant m'y soustraire. S'il est aisé de défendre la veuve et l'orphelin acculés à la misère et à la détresse, il n'est point à un homme plus qu'à un autre d'en être accusé pendant que c'est à la société entière qu'il appartient d'en répondre.
Notre monde entretient la confusion auprès des hommes, la cultive. La machinerie médiatique, mise en place pour nous rappeler aux valeurs fondamentales afin de tendre vers l'émergence d'une communion totale, n'est qu'une imposture !...
"Ce qui est aujourd'hui un paradoxe pour nous sera pour la postérité une vérité démontrée"
(Diderot - essai sur les préjugés)

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