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Drôle de Comédie médiatique...

Rassurez-vous, je ne vous parlerai pas de Foucault le Nabuchodonosor pétillant, Feu follet Lagaf dit le bouffon bondissant ou encore, d'Arthur Roi, Le-pas-cabot-Sébastien-nouveau-s'en- va-revient, sans oublier bien sûr Maître Drucker-Dandy, puis enfin l'inénarrable Ardison et frimeur-Baffi dans trash TV. Je ne pouvais pas louper le dernier né, Nikos Aliagas la Star Acaca.
Ainsi va le PAF, the famous package du star-système béatifique...
                             11-16-sebastien


Vous vous doutez bien que la Commedia dell'arte ne s'arrête pas là. Le théâtralisme accompagné de ses faux-semblants bercent subrepticement le monde de pantins que nous sommes. Cette comédie humaine a traversé les temps. Elle remonte du fond des âges pour atteindre aujourd'hui son apothéose dont tout le mérite revient aux médias. Sous sa forme médiatique, elle revêt et démontre une autre expression de la nature humaine. Qui de Rabelais, de Molière pour sûr ou de Beaumarchais, de Balzac, de Courteline ou encore d'A.Jarry, ferait renaître, précisément au goût du jour, un "Panurge" "Scapin" un "Figaro" "César Birotteau" "Boubouroche" ou "Ubu Roi" pour dépeindre exactement la domination dévorante de nos passions malsaines, nos vices, nos tares et nos travers... Et  parmi bien d'autres auteurs, que je n'ai pas cités, à la verve et au talent comparables, lesquels s'accompliraient à l'envi dans la réalisation rigoureuse d'une oeuvre hardie et cinglante en s'inspirant de la nouvelle comédie médiatique... La mondialisation donnerait du volume à l'oeuvre. Les personnages prendraient une ampleur à la mesure des évènements médiatiques qui font légion. Pour autant, je doute qu'un Panurge ou autre "Maître Pathelin" qu'un Figaro, puissent porter aussi haut et loin les frasques de nos "Tartuffes" actuels... Les registres sont d'un tout autre tonneau et, manifestement, le bon sens d'un "Sganarelle" fait cruellement défaut...
Apportons un exemple, non récent mais pas moins croustillant :
Un feuilleton à l'Américaine (mandature de Clinton) dans sa version réality-show qui se déroule à la Maison Blanche. Série fracassante aux effets médiatiques retentissants, dont l'intrigue repose sur une bien étrange et indécente affaire montée en épingle ; la droite évangéliste, pure et dure, de l'Oncle Sam veut mettre à l'index son Président en le soumettant au supplice de la question pour une impétueuse et banale histoire d'alcôve. Ce qui n'est pas sans rappeler "Les sorcières de Salem". L'affreux parjure, ou l'acte honteux de celui qui a fauté, conduit le yankee, vêtu de probité candide, à jeter la première pierre au Président dont le comportement salace menacerait la souveraineté nationale. Au coeur de cette série à rebondissements, l'incarnation du péché originel qui s'abat sur la plèbe américaine tombée en disgrâce aux yeux de la planète. C'est en substance ce qui constitue la trame essentielle de l'épopée d'un Président au tempérament musclé, pas toujours franc du collier, imbu de contrition ou tant soit peu retors...
Vous avouerez, tout de même, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Ce puritanisme, made in USA, s'apparente bien volontiers à du vaudeville (difficile de ne pas évoquer Feydeau) ! En revanche, ce rigorisme à géométrie variable tourne plutôt à une tragique bouffonnerie surréaliste lorsqu'une nation, se réclamant d'un modèle de progrès, de modernité et de démocratie, se prête dans le même temps (plus que jamais d'actualité) à l'installation d'un centre somptueux pour animaux domestiques abandonnés, juxtaposé à un ghetto sordide pour êtres humains pas moins abandonnés...    Evènements concomitants ahurissants...
Si l'exode des puritains, persécutés par la furie des Stuart, a contribué puissamment à la colonisation anglaise ainsi qu'au rigorisme des moeurs aux States ; on ne savait encore que le Mayflower, en transportant son flot d'immigrés vers le Nouveau Monde, pourrait, en l'an de grâce de 1998, contribuer tout aussi puissamment à l'émergence d'une classe nouvelle d'Aristochats...
Quoi que l'on en dise, il pourrait bien s'agir d'un funeste retour à des pratiques de harcèlement inquisitoriales sur fond de cabale politique, faisant appel à la vindicte populaire par le biais d'un pilori médiatique nouveau régime !...
Est-ce à dire qu'il faille "se presser de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer" (Beaumarchais)
A l'évidence, dans cette affaire, les journalistes ont manqué totalement de conscience professionnelle. Traiter un sujet si important avec une telle négligence par-dessous la jambe (c'est le cas de le dire) est indigne et jette un blâme sur toute la profession. Ils ont minoré le caractère essentiel de l'acte, si tant est qu'il fût dur à le dresser aux yeux des américains sachant toute la droiture qu'on leur connait. Pour les talentueux mélomanes, il eut été plus convenable de préciser dans les détails la maîtrise de cet art auprès duquel Monica excelle, afin d'en mieux saisir toute la portée de sa tessiture. Je le déplore...
Je suis le premier à en rire mais il ne faudrait pas qu'ensuite on s'étonne et on s'insurge contre ce qu'il est convenu d'appeler la nouvelle comédie médiatique. En vérité, notre penchant pour le scandale et la turpitude est plus fort que tout. La boue est notre élément. En y traînant quelqu'un, on y tombe bien souvent nous-mêmes. Si les médias la brassent. Nous nous y vautrons. Et dans ce bourbier puant et nauséabond, nous accablons aussi vite qu'aussi facilement nous encensons à la légère... Méfions-nous des charmeurs au jeu subtil de la séduction médiatique qui nous aveuglent. A s'en laisser conter par les effets de plume et de caméra, nous nous complaisons dans ce gros bazar médiatique. Alors doit-on vraiment rire du tapage médiatico-politique que l'on nous sert trop souvent à la sauce Hollywoodienne ? Je vous le demande ?
Les pantalonnades grotesques qui inondent l'actualité sont révoltantes et indignes pour le caractère qu'elles revêtent. Elles dénaturent les faits dans leur fondement et foulent aux pieds l'importance des évènements dans leur objectivité. Ce qui permet de marquer d'un intérêt grave et solennel des faits qui le méritent peu, pour négliger ou ignorer des réalités qui présentent un très grand intérêt. Tout comme on fait ainsi remarquer un danger où il n'est pas vraiment, pour mieux le soustraire d'où il se situe réellement...
                     image hébergée par photomaniak.com


Et c'est bien là le drame, car la crédulité de tous les gogos fait toute la force de certains Politiques, Journalistes et autres margoulins de tout poil, avides de sensation et de pouvoir, qui ont parfaitement compris la nouvelle donne médiatique... Ils utilisent habilement, à qui mieux mieux, la grosse Bertha des médias afin de noyer l'actualité dans le labyrinthe de l'information duquel on cherche en vain le fil d'Ariane... En cela, l'amalgame médiatique rend essentiel ce qui n'est que secondaire, et inversement. A tel point que la vision que nous portons sur les choses de la vie, répétitives et prolixes, nous affectent autant qu'elles nous indiffèrent... Ces évènements, aussi disparates que distincts, modifient, tant par leur diffusion réitérée que par leur présentation orientée, la perception et l'interprétation que nous en avons... L'habitude s'installe durablement dans la mémoire, l'entretient, en agissant sur notre conscience. C'est ainsi que d'aucuns seront choqués, peinés, là où d'autres resteront de marbre... Mais la tendance à l'indifférence ne peut qu'assurément croître à la vitesse grand V...

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