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La spirale infernale du progrès...

Le progrès, source intarissable au délicieux mélange d'espoir et de détresse devrait laisser ses inventeurs bien perplexes. De l'incompréhension qu'il en résulte à l'inadéquation de son essence, des deux maux l'homme se retrouve dans l'incapacité à trancher le noeud gordien.
                                 

Comment ramener à la raison ce qui en fait le propre de la raison, son étoffe ! "L'essence de l’œil est la vision" (Aristote) et la vision du progrès, c'est l'essence même de la raison. Quelles que soient les limites de cette vision, sans crier gare, la rançon du progrès va taper très fort dans les consciences. Des plaisirs aux douleurs que le progrès génère, ceux qui les partagent ont comme de juste raison à croire en toujours plus de progrès. Par définition, le progrès est le développement de la civilisation dans l'amélioration de nos capacités et nos aptitudes à faire changer la situation actuelle pour une société meilleure. En substance, le progrès est l'agent essentiel de notre devenir pour le bonheur de tous. Au demeurant, il semble bien que cette vision ne recueille pas moins d'adhésion sans qu'il n'y paraisse. Un microcosme peut encore se satisfaire ou s'accommoder des vicissitudes du progrès. Ce petit monde est toujours animé par cette foi un peu naïve que leur crédulité entretient. Il s'agit du monde des "vouloir-vivre" (sic) plus ou moins bien portant. Par ailleurs, deux mondes diamétralement opposés en délimitent ses extrêmes. L'un, composé de moribonds et de morts-vivants. L'autre, armé de lobbys productivistes puissants et dévastateurs, véritable sangsue insatiable qui se repaît d'opulence et d'abondance. Ces deux mondes qui s'éloignent l'un de l'autre opposent réciproquement leur force d'attraction. En connaître leur masse respective et la distance qui les sépare doit permettre d'évaluer leur pouvoir gravitationnel sur le microcosme, et ainsi de quantifier les brèches qu'il en résulte. Ces deux mondes, en opposition constante, aussi distincts qu'hétéroclites, indissociables des résultats du progrès, se rejoignent toutefois sur un point. Comme ils prennent la mesure exacte de leur réalité, qu'ils appréhendent précisément les bienfaits autant que les méfaits du progrès, leur différence existentielle qui les sépare rapproche leurs consciences qui chavirent dans les bas-fonds de l'immoralité... Cette tendance ne peut croître qu'à un rythme égal à celui du progrès. Ce choc des consciences pourrait bien laisser des traces indélébiles dans la société civile. Deux types de violence, à la conduite et à la forme radicalement différentes, vont prendre en otage le microcosme chancelant. L'un, barbare et primaire, bafouant l'ordre et le respect des lois de la république. L'autre, subtil et perfide, prônant une répression massive et expéditive pour faire appliquer sa loi sous les pires compromissions turpides. Les conséquences éminemment catastrophiques de cette violence vont asseoir le substrat de la nouvelle société.
A fortiori, on ne peut établir de comparaison entre notre époque et celle d'hier. Si la société, au temps de Zola, courrait après le progrès ; celui-ci, aujourd'hui, nous dépasse de beaucoup.
Deux milliards d'individus il y a environ 80 ans, sept à présent, dix milliards demain...
                                      

Le développement exponentiel des connaissances humaines va-t-il enrichir culturellement et matériellement ces dix milliards d'individus ? A mon sens, comme on l'a précédemment évoqué, ce que le progrès peut faire gagner à l'homme sera inversement proportionnel à la poussée démographique. Les découvertes et les inventions futures iront dans le sens d'améliorer l'ordinaire à un monde de plus en plus restreint. Le microcosme, à l'usure, va se déliter. Les moins scrupuleux et les plus chanceux, sans ambages ni vergogne, rejoindront l'establishement du profit et de la finance. Certains défendront, bec et ongles, leurs acquis, leurs biens réduits comme peau de chagrin...     Pour les autres !...         Un point d'interrogation ?...  A suivre.

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