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La violence qui sévit dans les stades n'est que le prolongement direct des maladies sociales dont nous souffrons.

Déclaration d'un journaliste : S'agit-il d'une énormité ou d'une preuve de réalisme ?
En l'occurrence la violence peut être l'une des réponses ponctuelles à une manifestation de rejet, mais en aucune manière ne peut être considérée comme une inclination systématique et prédéterminée.
A l'évidence, la violence habite intrinsèquement l'homme de façon de plus ou moins latente. Si certains la contrôlent, d'autres ne peuvent la contenir.
Ainsi la colère, voire la violence, que l'on peut manifester à l'égard d'une injustice ou d'une révolte, apparaît en action comme un choix de conscience, même si celle-ci, dans la plupart des cas, est subite et instantanée, elle reste l'objet fugace de notre volonté guidée par la conscience.
Je pense que l'homme, par nature, est enclin à la violence qu'autant qu'il possède une propension au bien. Et j'ose encore le croire.
Je me refuse, pour l'heure, de partager l'analyse trop réductrice de ceux pour qui la violence est une fatalité. Car vouloir prétendre par un raccourci insidieux que "l'homme ne va pas, il revient" (Platon) serait feindre de ne pas comprendre la violence d'aujourd'hui pour mieux faire revivre celle du temps jadis. La question n'est-elle pas de mise, ici ?
                    


D'autant que si l'on doit convenir que la violence n'est qu'un exutoire à un profond ressentiment que l'on exprime avec rage et force, rien ne permet d'attester que cette violence ne soit que la conséquence inévitable à cet état de fait. A moins de supposer déjà que l'homme ne choisit pas ses actes en rapport à sa conscience, mais s'exécute en fonction d'un penchant unique, incontrôlable et dément, qui serait la négation de toute obligation morale et sens du devoir. Ce qui me paraît être le véritable fond du problème...
L'homme, avant J.C, jouait avec la mort. La vie humaine comptait bien peu. Cela était un -jeu- restait une distraction. De nos jours, bien évidemment, on condamne d'autant plus volontiers la violence qui s'exerce dans les stades, lesquels ont été érigés pour le sacrement du sport dans la joie et l'allégresse. Nonobstant, y-a-t-il un lieu privilégié pour la violence ? Un théâtre à la violence comme on conçoit malheureusement le théâtre des opérations en temps de guerre... Dure et implacable réalité qui dissocie les hommes, distingue le bon de la brute ou du truand. J'ajouterais, malgré tout, qu'il serait faux de dire que la violence est à la méchanceté ce que la non-violence est la gentillesse. Un être non violent peut être pervers et très méchant. A contrario, il n'est pas rare qu'un homme échappant à la domination de la violence soit très gentil. Ce n'est donc pas nécessairement la méchanceté ou la gentillesse qui rend l'individu violent ou pas. La question est de savoir pourquoi l'être humain est ainsi partagé ?
L'être vivant est condamné inexorablement à tout perdre. Dès la naissance la mort est inscrite. Sa vie se résume donc en un combat qu'il doit mener pour ne pas perdre. L'essentiel, pour lui, étant de gagner pour vivre ; sinon il meurt déjà en naissant ! Il s'agit bien de cela, rien que cela, l'obsession de gagner à ne pas perdre. Et qu'il soit gentil ou méchant importe peu, ce n'est que dissonance. Car en vérité, qu'est-ce qu'il gagne à être non violent et pour autant risque de perdre ? Tout comme à être violent, ce qu'il peut gagner ou perdre tout autant ? Sa raison d'être parmi les êtres : Etre le moins faible parmi les faibles à défaut de n'être le plus fort parmi les forts ! Prendre ainsi sa place, occuper un rang dans la société hiérarchisée. N'être que le dernier maillon du rouage à défaut du premier de la chaîne : Pour l'essentiel c'est d'être, et d'avoir une appartenance au groupe, au système. Voila la signification suprême de toute son existence. Il en sera toujours ainsi. Telle est la sempiternelle et bien triste réalité qui dissocie les hommes, distingue le gagnant du perdant. C'est une loi immuable qui régente l'organisation de toute société humaine. Pour un vainqueur, un vaincu.Pour un fort, un faible. Et conséquemment, la puissance et la gloire des uns génèrent l'anéantissement, la déchéance et l'exclusion des autres.
"La raison du plus fort est toujours la meilleure" (La Fontaine) Et il n'est de meilleure raison que celle qui pousse chaque être sur terre à rejoindre la race obsédante des vainqueurs...
A chacun sa névrose Messieurs les pourfendeurs de la violence ! Mais n'oubliez surtout pas que si l'on devait retenir l'idée d'une année sans football, comme celle d'une journée hebdomadaire sans cinéma ni concert de rock, ne manquez surtout pas de nous épargner les déclarations de vos réflexions pour lesquelles chaque organe de presse, écrite ou audiovisuelle, n'a pour unique objectif de sortir vainqueur des audiences... Et pendant que nous-y sommes, pourquoi ne pas réintroduire comme en Grande-Bretagne le couvre-feu dans certains quartiers dits sensibles !
Soit, Messieurs les pourfendeurs ne veulent pas comprendre ou ont trop bien compris que la société dans laquelle ils vivent, et pour laquelle ils oeuvrent, une partie de l'humanité la rejette.
"L'homme n'est pas fait pour la défaite, un homme peut être détruit, il ne peut être vaincu" (E.Hemingway)
La violence engendre la violence. Elle est partout et cette spirale infernale qui se manifeste à présent dans les stades représente bien, pour certains êtres qui se sentent exclus de la société,  le moyen propice pour vomir leur haine sur les graves manquements de la société civile. Qu'il s'agisse du chômage, des sans-abri, du fric, de la corruption et de l'hégémonie ambiante  etc... Ce sont autant d'injustices qui opèrent une discrimination de plus en plus grande.
                            
Que voyons-nous encore sous la violence ; qu'un combat âpre et aveugle qui n'a de sens que dans la signification propre à la violence, sous quelques prétextes fallacieux qu'ils s'inventent... Etre violent pour la violence ou encore être violent pour affirmer une pseudo-supériorité qui trouve son explication dans la conjuration d'un complexe d'infériorité. Un sentiment de grande frustration peut conduire à une forme de violence que l'on rencontre trop souvent. Puis il y a la haine de son prochain qui dérange et qui doit disparaître afin d'assouvir son instinct hégémonique dans un souci de concurrence vitale... Ces actes gratuits sans foi ni loi sont intolérables et inacceptables, en revanche, lorsque la violence procède d'une pulsion subversive à des degrés divers pour venir troubler, imposer ou renverser l'ordre social, religieux ou politique établi, cette subversion est bien compréhensible dans son caractère spontané, à condition que celle-ci prétendre défendre la propre dignité ou l'intégrité psychique et physique de l'individu. Assurément, cette pulsion reste sous l'emprise despotique de la conscience.
A tout bien considérer depuis l'ère moderne, l'histoire nous démontre que la solution ne réside nullement dans la violence, à l'exception de celle qui combat le fanatisme religieux ou de celle susdite qui lutte contre le totalitarisme et les démocraties bafouées... (A l'instar de la révolution de jasmin du 14/01/2011 en Tunisie)
En conclusion, si l'on ne peut nier qu'il existe bien un rapport causal qui lie la violence au profond désarroi d'une partie de l'humanité, gardons-nous d'un danger bien plus grave qui nous menace à tous et dont les conséquences annihileraient le mécanisme de cette violence. Imaginons un seul instant que ce sont  les maladies sociales dont la société souffre qui soient une sorte de fatalité. On assisterait alors à l'émergence d'une expression nouvelle de la violence qui, dans la forme et l'esprit, tendrait à réduire nos idéaux à une apparence illusoire. Sorte de mouvance nihiliste. Elle dénoncerait comme erreurs toutes les valeurs morales, religieuses et sociales, en quoi l'homme ne croirait plus. En conséquence, l'obligerait à prendre ainsi conscience du caractère nietzschéen de notre civilisation. La montée en puissance du chacun pour soi gouvernerait notre éthique. A la violence de la détresse se substituerait une violence sourde, obscure et machiavélique, moins tapageuse mais plus radicale et surtout fatale...
"Les hommes se font pires qu'ils ne peuvent" (Montaigne)
Il faut donc croire en l'intelligence de l'homme afin d'éviter le pire. Ecouter, comprendre et décrypter le message de la violence, c'est refuser les atrocités du passé, fustiger les inégalités, bannir la misère et la pauvreté : C'est enfin donner à tous le même droit d'exister sur la base d'une véritable égalité des chances. 
En cela, seulement, la violence est instructive et peut être nécessaire. Elle nous renseigne justement sur ce qui risque d'advenir comme étant l'inévitable et l'imprévisible...

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