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Le rapport à l'autre dans la grande chaîne humaine

"Vivre conformément à la nature" selon le précepte de Zénon. Belle vertu qui consisterait dans une entière soumission au destin. Une telle complaisance ne serait que de l'indifférentisme. Même le plus grand des sages ne pourrait admettre avec force conviction que les événements ne sauraient être mauvais pour lui puisqu'ils seraient déterminés par cette providence. Ainsi la douleur et le plaisir, la pauvreté et la richesse, en tant que relatives à notre vie individuelle ne devraient ni nous affliger, ni nous réjouir.
Sans doute cet idéal serait difficile à atteindre qu'il n'en serait pas moins aberrant .
Socrate et Diogène n'ont fait qu'approcher de la sagesse parfaite. Dans leur immense majorité, les hommes sont destinés à rester des imparfaits, des honnêtes gens de seconde marque comme le dira Sénèque. C'est bien ainsi, à condition d'exclure la sous-marque ! Mais je crains fort que l'on ne puisse compter sur la providence !
A l'évidence , il convient d'admettre que le bonheur comme le malheur de l'homme, quelles que soient la typologie et la manifestation de ceux-ci, procèdent toujours du bon ou mauvais vouloir de ses semblables. J'entends ainsi démontrer à l'homme qu'il n'est que très rarement bienveillant, mais bien souvent misanthrope.
D'après Rousseau, l'élan de générosité est parait-il en nous naturel et primitif, une sorte d'instinct, en témoignage de la bonté essentielle de la nature.
Mais quand il vient sur terre, l'être humain n'a pas de prédisposition naturelle au mal. A fortiori, il reçoit plus d'amour que de haine. C'est donc le premier sentiment prodigué et par là-même qu'on lui inculque. Se sentir aimé c'est, en sorte, pouvoir aimé. Et pouvoir aimé n'est que le commencement du bonheur. Ce bonheur partagé dès la plus tendre enfance implique donc la notion de générosité. Dès la naissance, on reçoit son premier bonheur par le truchement de l'homme. L'homme en est l'unique objet.. Par la suite les causes de ce bonheur, aussi multiples que complexes, resteront exclusivement subordonnées à l'homme. Il ne peut y avoir de cause extérieure à la relation humaine. Tout comme le malheur dont la source est analogue, à l'exception, trop souvent, de celui qu'engendrent la maladie et les catastrophes naturelles. Ainsi, les plaisirs comme les souffrances ont nécessairement leurs pendants ou contraires chez ceux qui en sont à l'origine. Que l'on y soit plus ou moins réceptifs, nous ne pouvons les fabriquer ni les inventer sans le concours de nos semblables, sans l'intervention de l'homme.
Un être retiré de la société, qui vit seul sur une île déserte, peut jouir d'un immense bonheur. Ce bonheur il ne le doit rien qu'aux hommes plus qu'à la nature, car c'est pour mieux les oublier et les fuir...
Se trouver au sommet d'une montagne à contempler le monde, à écouter le vent qui chante sur la rocaille effilée, laquelle nous renvoie sa douce chaleur que le soleil a dispensée ; que l'on soit dans les meilleures dispositions d'esprit et la nature nous remplit d'un immense bonheur ; que l'on se trouve au même endroit, la tête pleine de tracas, pour autant que la nature soit aussi belle, la nature ne peut rien faire à notre malheur...
Chaque individu sur terre est un "Vouloir-Vivre" (Schopenhauer) qui trouve son bonheur grâce à ses semblables. C'est en cela qu'il cherche désespérément à se réaliser et à devoir admettre que le sentiment primordial qui doit inspirer sa conduite est dans le partage, forme supérieure de sympathie entre des êtres en proie à la souffrance...
Ce dont je suis sûr, c'est que l'angélisme n'est pas de ce monde. En appeler de tous ses vœux à cette aspiration tient de la plus grande aberration, et pour cause : Homo Homini Lupus ! Probablement par instinct grégaire, à la fois de domination et de survie...

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