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Les portes du bonheur...

La naissance, pour chaque être, est une porte qui s'ouvre sur la vie. La mort étant la porte ultime qui se referme derrière lui. Toute une existence repose sur une succession de portes qui sont mues par la main de l'homme, à l'exception de la dernière que seule la nature doit commander.
Par définition une porte s'ouvre et se ferme.
Elle s'ouvre sur le monde et se referme sur le néant. Tous les symboles de la vie s'y rattachent selon qu'elle soit ouverte ou fermée. Que l'on soit d'un côté ou de l'autre marque ainsi la frontière existentielle pour chaque individu. Cette limite aussi ténue conditionne toute la destinée de l'homme. Ce n'est sûrement pas la fatalité qui accompagne l'homme dans ce qui fait qu'il soit d'un côté ou l'autre de la porte. L'ensemble des évènements composant la vie d'un être est soumis à la volonté de ses semblables, autant qu'il peut en user sur celui de ses pairs. Mise à part la porte qui se referme sur la mort, elles sont toutes dépendantes de la volonté de l'homme. Volonté qui tient de cette alternative ne sachant trouver le juste milieu entre une ouverture béante et une fermeture bien hermétique. Si, l'entrebâillement d'une porte peut nourrir un grand espoir qu'elle s'ouvre, sa fermeture soudaine fait le voir s'envoler. Dès lors, il est plus que douteux de trouver un point d'équilibre qui ferait jouer la neutralité dans les échanges et le partage dans ce qui fait notre raison d'être. En conséquence, toutes les portes que l'on ouvre et que l'on ferme régulent anormalement le flux et le reflux des sentiments qui doivent nous animer. Une porte grande ouverte laisse entrer le bonheur, fermée à jamais elle confine le désespoir. Elle pèse de tout son poids sur la réussite autant que sur l'échec d'une vie.
On la franchit ou l'on y bute...
Le fait d'être passé de l'autre côté n'autorise nullement de la refermer à ceux qui suivent. Pour autant, cette implacable logique humaine pousse l'homme à refermer la porte qu'il vient de franchir, tant qu'il n'aura pas accédé à la suivante. Pris entre deux portes, il ferme pour mieux se protéger sachant qu'il aura les pires difficultés à s'y maintenir, si tant est qu'une porte se franchit dans les deux sens... Cette situation, bien qu'enviable, n'est pas forcément confortable pour l'homme. L'une, lui inspire toujours ce à quoi il pourrait encore être ; l'autre, ce à quoi il rêve d'être...
Cette incertitude grandissante développe chez l'homme la méfiance envers son prochain qui se traduit par la crainte du lendemain. Si l'élan de générosité, naturel et primitif, est toujours en nous, la défiance et la peur s'installent, durablement, privant ainsi l'homme de laisser parler son cœur. La porte trop souvent close rend le cœur imperméable à la sensibilité. L'impassibilité gagne et, investit  les bonnes âmes. Du coup, cette froide accoutumance fait place à l'indifférence qui détache l'homme de toute affectivité. Les cris de son cœur sont étouffés par un long silence, assourdissant, qui rompt l'écoute et emprisonne sa conscience. Cette longue et pernicieuse intoxication ne peut que rendre sourd-muet, et aveugle de surcroît...
Quelle image plus saisissante que celle d'un train qui ouvre ses portes au bonheur en allant toujours de l'avant. A son départ, il peut emporter beaucoup plus d'aspirants au bonheur qu'il n'y a de places disponibles . Pourquoi ? Sur son trajet, qui doit le mener d'un point à un autre, le train effectue un certain nombres d'arrêts qui correspondent à un ordre de grandeur sur l'échelle du bonheur, le terminus virtuel étant le bonheur absolu, Chaque arrêt signifie donc, pour certains candidats, que leur destination est atteinte. Le fait qu'ils descendent du train permet à d'autres de monter pour gagner eux-mêmes leur destination suivante. Ainsi, ce chassé-croisé incessant, à chaque arrêt, doit logiquement compenser le nombre de places disponibles durant ce trajet sans fin... Tant et si bien que tout le monde devrait y trouver son compte !
Imaginons à présent, ce même train dont les candidats au départ n'ont pour unique ambition que de rejoindre le point virtuel du bonheur. Comme il y a toujours plus d'aspirants que l'on peut y trouver de places, à chaque arrêt, les plus faibles, les écrasés et les moins biens armés, y sont éjectés. En descendant, ils croisent le regard dépité des laissés pour compte de la curée qui se bousculent afin d'essayer, en vain, à monter...
Tous ces anonymes affamés de bonheur, campés sur le quai du désespoir, grossissent le rang des résignés, d'un temps, qui attendent le prochain train auquel on aura amputé la rame de quelques wagons...
Et toujours cette satanée porte qui sépare, soi-disant, le bonheur du marchepied de la damnation !...
Afin de confondre l'ordinaire, pour conjurer un trop d'excès, sachez que l'on nuit plus au véritable progrès social, et de l'esprit, en ouvrant indûment une porte à untel qu'en la lui fermant...
De même qu'on y nuit davantage encore en fermant la porte au mérite et au talent qu'en l'ouvrant au passe-droit...   A bon entendeur !

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